Dois-je vraiment rester à l’école ?

Je me demande parfois,  quand ça devient trop de travail, que je suis débordée et que j’ai à peine le temps de dormir et de manger, est-ce que j’ai vraiment besoin d’aller à l’école? Bien sûr, je le dis souvent à la blague.

Je n’ai pas l’intention de lâcher l’université, peu importe à quel point je serais bien dans mon lit à regarder une émission sur Netflix. Je vais rester dans la salle d’étude toute la journée à chialer contre l’imprimante parce qu’elle ne veut pas cracher mon document qui m’a déjà pris trop de temps de ma vie.

Parfois je me dis, j’aurais pu ne pas aller à l’université. En fait mon programme se donne aussi au cégep… Et il existe des plus petits programmes pour y arriver. J’aurais pu simplement suivre des cours de photographie, parce que c’est ma passion.

J’aurais pu aussi juste écrire des livres ou suivre un cours en écriture parce que c’est quelque chose d’autre qui m’anime. J’aurais pu en vivre.

Alors est-ce que c’est seulement une blague quand je me demande si je dois vraiment rester à l’école ?

La vérité c’est que non, je ne suis pas obligé de payé 1700$ par session et à peu près le même montant en impression et matérielle, de me lever chaque matin et de travailler et faire des cours jusqu’à tard le soir. Je ne me dois pas de m’épuiser au point que parfois mon corps décide à ma place que je dois m’arrêter. Je n’ai pas le besoin de pleurer à chaque session parce que je suis clairement trop fatiguée et que je me mets à me dire que mon projet c’est de la merde. Sincèrement, je n’en ai pas besoin.

Certaines personnes me diront que ce n’est pas si mal que ça, et qu’il y a pire. Des personnes qui sont présentement sur le marché du travail vous diront : t’as encore moins de temps après! Profites-en !

Thanks, pour vrai.

Parce que j’ai tellement envie de me dire que j’aurais encore moins de temps après mes études, alors que j’en ai à peine assez pour dormir.

Je pourrais très bien avoir un travail maintenant, et pour être tout à fait sincère, des gens avec un DEP d’un an* seront probablement mieux payés que moi, même après mes cinq ans d’étude.

Alors j’aurais pu simplement avoir une autre carrière qui ne me demandera pas autant d’étude, ni de temps et qui me donnerait plus d’argent.

Mais je suis encore dans mon programme et même si l’imprimante ne veut pas répondre à mes prières, même si je m’écroule dans mon lit en me disant que je n’ai pas encore fini mon travail, même si pleure devant mon écran parce que je n’aime pas ce que je fais et que j’ai l’impression que ça ne mène à rien et même si je n’ai plus une cenne et que j’ai plus de dettes d’étude que de bon sens, je reste à l’université.

Je reste et je donne tout ce que j’ai. Ce n’est pas tous les étudiants qui vivent la même situation que moi. Certains sont meilleurs et d’autres ne mette pas les mêmes efforts.

Je ne peux pas dire que c’est pareil pour tout le monde.

Mais je suis là, à faire de mon mieux, mon mieux est un peu faible, un peu hésitant et un peu paresseux parfois, mais ça reste que c’est chaque jour un pas de plus avec ce que j’ai à donner.

Et pourtant j’aime mon programme. Je n’ai pas l’impression d’être la meilleure, je ne fais rien de parfait et parfois je trouve le temps long dans mes classes et mes lectures.

Je l’aime malgré ses défauts et la relation un peu abusive qu’on a ensemble**. Il m’empêche de voir mes amis et de faire ce que j’aime et il prend tout mon temps. Même quand je vais dormir, je rêve encore à mes études. Je suis obsédée.

Je reste parce que peu importe les inconvénients, les bénéfices que j’en retire, le bonheur d’apprendre et l’idée que plus tard je vais me lever pour faire un travail que j’aime m’anime.

Je reste parce que je veux vivre l’expérience, me prouver que je peux y arriver et je veux dire plus tard que j’ai réussi mon but d’aller à l’université.

Je reste pour les autres, parce qu’ils sont fiers de moi.

 

Et surtout, je reste pour moi, parce que c’est ce que je veux, même si parfois je me pose la question.

 

 

 

*PS – ici je compare la durée des études et non pas la charge de travail ni l’importance des métiers, je ne juge pas les DEP d’un an. Merci.

** PSS –  Si vous êtes dans une relation abusive, sortez de là. Ne faites pas comme moi avec l’uni. Vous méritez mieux.

 

Source de l’image de tête

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